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Deuxième phase du Prix Cheikh Anta Diop (2021)

Nous nous sommes posé la question : « Naître Africain : Sacrifice ou défi ? » ; une question qui nous a permis de faire le premier pas : La prise de conscience. Nous avons pu nous jauger ; nous soumettre à l’exercice de la remise en cause et nous nous sommes rendu compte de notre myopie. De nouveaux sentiments ont commencé à naître et nous voulons maintenant que les choses changent. C’est en effet assez révoltant d’observer l’Afrique, l’origine même de toute l’évolution de l’humanité en général et de l’occident en particulier, occupée une place ignoble en matière de développement. C’est la raison pour laquelle on dit que Naître africain est un défi. Il faut restituer à dame Afrique son identité de berceau de l’humanité. Mais  ce n’est pas tout ! En dehors de son rôle fondamental dès les origines dans l’effectivité du développement, elle n’a pas manqué de le soutenir quotidiennement et perpétuellement jusqu’à nos jours. Cependant, dans le pire des états, dans la position de l’exploité. Ce qui confirme que nous disposons d’innombrables richesses exploitables. Conscients aujourd’hui de tout ce potentiel, nous nourrissons la vive volonté de relever le défi du développement et avons donc pris conscience. Mais rien ne se fera sans les pas qu’il faut faire suivre à ce premier pas. C’est le moment de passer à l’action. Alors, que faire? Quelles actions mener de façon concrète pour  amorcer le développement et relever le défi qu’il représente ? 

Les actions favorables au développement ne font pas défaut. Mais avant de s’y lancer, il est utile de faire quelques précisions. D’abord, notons que le développement, si on le veut intégral et effectif, n’est pas que matériel comme l’on peut être très vite porté à le croire. Ensuite, il est très important que les Africains et les citoyens du tiers-Monde se convertissent réellement en acteurs de développement par le biais du changement de mentalité. Il s’agit-là de sortir de nos zones de confort avec un esprit préparé à toute épreuve ; sans quoi les actions ne resteront qu’aux paroles ou se feront asphyxier par le vent de l’abandon. Enfin, l’efficacité des solutions se justifiera par rapport au problème précis qu’elles résoudront. Ainsi, la question mérite-t-elle d’être posée autrement et en deux volets : quels sont les problèmes qui font entorse au développement de l’Afrique et du Tiers-Monde et quelles solutions pour les résoudre ?

Nombreux sont les maux qui maintiennent l’Afrique et le Tiers-Monde dans le sous-développement. Au nombre de ceux-ci on peut déjà relever le chômage qui entraine la misère dont les conséquences ne se font pas attendre : vices, banditisme, vol, fraude etc… ; la corruption, le régionalisme, la gabegie, causés par la mauvaise foi ; l’exode rural, l’immigration, preuves de l’irresponsabilité des individus ; la liquidation des ressources disponibles imputable au manque de grandes entreprises ; les dérives d’une jeunesse mal conseillée  à travers les grossesses non désirés avec les conséquences liées ; les guerres et conflits, la perte de l’identité culturelle de façon linguistique et comportementale. 

Cette longue liste et pourtant non exhaustive de problèmes que rencontre l’Afrique pour son éclosion annonce une variété dans la proposition des solutions. A cet effet, il serait plus censé de donner des pistes de solutions en tenant compte de chaque aspect du développement tout en faisant un lien avec le problème qu’elles résolvent. 

Ainsi, sur les plans psychologique et culturel, il s’agira d’ôter de la conscience de l’africain et des habitants du tiers-Monde le complexe d’infériorité qu’ils y ont cultivé. On y parviendra en démontrant d’une part à chacun d’entre eux son implication et sa nécessité dans le relèvement de l’Afrique à travers le talent qui lui est propre et en mettant d’autre part en relief nos valeurs culturelles par la promotion de nos langues. De plus, en insérant ses valeurs propres à la personne africaine et à sa culture dans les programmes scolaires et en y attachant une attention particulière dans des études, nous pourrons lutter efficacement contre le phénomène de la perte de l’identité culturelle et le manque de confiance en soi. 

En ce qui concerne les plans humain et éducationnel, il s’agit de la formation des aptitudes propres à la personnalité des individus. A ce niveau, il faudra lutter dès les bases contre le vice et ses corollaires en cultivant les vertus de dignité, de respect de la chose publique et des biens d’autrui. Ces vertus cultivées feront des hommes loyaux et favorables au développement à travers leurs bonnes œuvres. Sur le plan politique de même, elles prouveront leur utilité en remédiant aux maux comme la corruption, la gabegie financière, les fraudes etc…. Des lois rigoureuses peuvent être aussi prises pour sévèrement  sanctionner les protagonistes de ces dérives. De plus, une redynamisation du système éducatif sera-t-elle la bienvenue. Dans une perspective de développement, le mieux serait de promouvoir les talents de manière spécifique. La généralité du système éducatif de la plupart des pays africains a démontré son inefficacité. Former donc les enfants autour de leur passion serait le choix propice.

Les problèmes comme la misère engendrée par le chômage se verront solutionnés sur les plans matériel et économique. Etant donné que le chômage résulte du manque d’emploi, la logique veut que pour qu’il disparaisse, il y ait création d’emplois. C’est à ce moment que la création d’entreprises et de sociétés revêt une importance capitale. Celles-ci auront forcément besoin de main d’œuvre et plus il y aura d’entreprises aussi bien publiques que privés, moins on parlera de chômage. De plus, c’est ici qu’il faudra innover et créer les outils qu’il faut pour la transformation des matières premières afin de cesser de dépendre des pays déjà développés. Mais il faut aussi noter que pour y parvenir, l’idéal est de s’intéresser aux métiers d’avenir. D’où l’exploration des domaines de l’informatique et de la technologie se révèle très utile pour l’Afrique et le Tiers-Monde car aujourd’hui, on ne saurait parler de développement sans faire allusion à ces sciences. 

Oui ! Naître africain est un défi ; un défi à relever. Nous en avons pris conscience et nous y travaillons déjà. Nous avons trouvé des solutions à nos problèmes. Maintenant, il faut les mettre en pratique ; dépasser les écrits pour les actes. Passons donc à l’action et n’oublions pas de nous armer de courage, d’optimisme, de patience, d’abnégation, de vérité et de bonnes vertus pour vaincre toutes les épreuves du temps et de l’espace. Et nous construirons une Afrique conforme à nos rêves présents, une Afrique développée dans sa parure de berceau de l’humanité. Travaillons donc sans cesse !

Régis Davy AHOSSI

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