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Nul ne demande de naître Africain, Européen, Américain… le destin a décidé qu’il en soit ainsi. Nous ne choisissons non plus les conditions dans lesquelles nous devrons vivre. Nous naissons avant de découvrir que nous devons subir la vie : les difficultés et les joies. Vivre est donc un défi à relever. Un sacrifice à faire pour mieux vivre.

S’il en est ainsi, à la question de savoir si naître Africain est un défi ou un sacrifice, l’on répondra que c’est à la fois un sacrifice et un défi. Tout d’abord, à travers leurs définitions, la corrélation se démontre. Comment ?

Le défi est défini comme un engagement ou encore une obligation et le sacrifice est la détermination qu’il faut pour relever ce défi. Voici les définitions contextuelles que Le Grand Robert propose à ces deux concepts qui font l’objet de cette analyse. Il définit alors un défi comme « Obstacle extérieur ou intérieur qu’une civilisation doit surmonter dans son évolution ». Quant au sacrifice, il est « Renoncement ou privation volontaire (en vue d’une fin religieuse, morale, esthétique, ou même utilitaire) ». 

Nous y voyons clair. Je ne peux pas relever mes défis sans que je fournisse le moindre effort. 

Qu’en est-il du fait d’être né africain ? Quels sont les défis d’un Africain et quels sont les sacrifices à consentir pour surmonter ces défis ?

Dans une famille, dès qu’un enfant nait, il devient immédiatement l’héritier des avoirs de ses parents. Il est par la même occasion l’héritier de tous leurs problèmes et de leurs dettes.

L’AFRIQUE, LE BERCEAU DE L’HUMANITÉ

L’Afrique est reconnue comme le ‘’berceau de l’humanité’’, la terre qui a accueilli les tout premiers humains. L’Afrique a connu la civilisation la plus ancienne au monde et les premières méthodes de survie y sont nées. Cela signifie donc que les sciences ont trouvé vie en Afrique (les mathématiques par exemple). Et ceci, Cheikh Anta Diop l’a clairement démontré à travers ses recherches. 

Avoir un regard fixé sur ce fait devrait être le tout premier défi de tout Africain. Il devrait fait naître en chaque Africain, l’engouement de redonner à l’Afrique cette image et ce respect que l’Afrique mérite, et ce, pour toutes les générations. Pour y arriver, il faut que l’Africain arrive à reconnaitre les problèmes qui empêchent son développement afin d’en trouver des solutions idoines. Ce qui nous ramène aux défis et sacrifices d’un Africain.

En accédant à leurs indépendances, les pays africains se sont engagés dans une lutte afin d’obtenir une place de choix. Durant des décennies, ils ont essayé de s’en sortir, mais de nombreux défis restent encore à relever.

UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE INSUFFISANT

Dans le secteur agricole (pêche, élevage et agriculture) on note une baisse considérable de production alors que la population africaine est faite d’une jeunesse vigoureuse. La désertion du secteur agricole constitue un problème majeur pour la population du Tiers-Monde. Cela est dû au manque de capitaux, de formation professionnelle, manque d’intérêt, à la mauvaise utilisation ou le non maîtrise des équipements de travail. Ce qui n’encourage pas la jeunesse à s’investir dans ce domaine : manque de passion. Ce qui entraîne ainsi d’autres maux tels que :

  • la famine ;
  • la faim ;
  • le manque d’autosuffisance alimentaire ;
  • une mauvaise alimentation ;
  • l’exode rural ;
  • les migrations de tout genre vers les pays développés, etc.

Ces maux, Ricardo-Jean Sèna AHOUANVLAME les détaille amplement dans son essai « Naître Africain : sacrifice ou défi ? » publié dans les Éditions de l’Iroko.

Le secteur industriel africain n’est pas diversifié. Il est concentré sur la transformation des produits agricoles et alimentaire. Il souffre d’un investissement inéquitable qui repose en grande partie des dons octroyés par des pays extérieurs. Les produits locaux sont moins consommés à cause de leurs coûts trop élevés.

En somme, malgré toutes ses potentialités agricoles (pêche, élevage et agriculture) et industrielles, l’Afrique souffre encore de mots qui ralentissent son épanouissement. 

UN SYSTÈME DE FORMATION DEVENU INEFFICACE ET OBSOLÈTE 

L’Afrique dispose d’un système de formation qui valorise la théorie mieux que la pratique. On entend par pratique les activités que l’on appelle aujourd’hui métiers d’avenir. Il s’agit des formations dans toutes les filières du domaine de l’agriculture, les formations dans les domaines artisanaux, etc. Ces métiers ont été longtemps considérés comme des métiers de rue et sont peu contrôlés alors que ce sont des métiers qui méritent beaucoup d’attention.

Le système a longtemps formé les Africains à devenir des bureaucrates, des enseignants, des administrateurs, des magistrats… Celui qui cultive la terre est alors mal vu et sous-classé. Aujourd’hui ces domaines aussi hautement classés sont saturés et l’accès est rude. Pourtant, la méthode de formation et d’enseignement n’a pas encore changé. Les gouvernements investissent sur des jeunes qui par la fin se retrouvent sans travail, d’où le chômage. Ce phénomène est aussi dû au manque de compétence au niveau de certains jeunes qui se contentent de finir une formation sans pouvoir acquérir les aptitudes nécessaires.

QUELLES SOLUTIONS ?

Pour toute révolution, il faut d’abord un changement de mentalité. Il faudrait d’abord que les Africaines sachent que certaines habitudes (paresse, désintéressement ou la peur d’essayer) sont dépassées. Si nous ne changeons pas de mentalité, nous ne pourrons pas voir les choses autrement. Le changement de mentalité appelle un changement de méthode parce que le défi est grand. Pour arriver au niveau des autres continents, les pays du Tiers-Monde se doivent de travailler dix fois davantage. C’est un grand défi qui nécessite que les Africaines prennent des résolutions fortes. Les dirigeants sont donc interpelés.

Puisque le changement ne peut que commencer par la génération montante ou la jeunesse, il faudrait que les gouvernements africains changent ou pensent à perfectionner les méthodes de formation dans leurs pays respectifs. Promouvoir une formation qui amène à l’innovation technologique, à la création. Promouvoir l’artisanat, l’agriculture. 

Ceci permettra de réduire progressivement le taux de chômage afin d’y mettre fin, car le chômeur représente un danger potentiel pour l’État. Il peut devenir un malfrat sans foi ni loi qui trouble la tranquillité de la nation. Par ailleurs le jeune qui dispose d’un emploi qui puisse offrir satisfaction à ses besoins, n’a plus aucune raison de se rebeller. Le chômeur représente également une lourde perte à l’État qui a investi sur sa formation : il ne paye pas les taxes et impôts. Les gouvernements doivent donc penser à rediriger l’éducation dans un sens plus pratique. Dans ce sens, certains pays tels que le Bénin mènent déjà une lutte convaincante. 

Les États doivent aussi penser aux métiers du digital : le marketing digital, la rédaction de contenus Web SEO, la création d’intelligences artificielles, le graphisme, le trading, etc. Ces métiers émergents considérablement aujourd’hui et promettent un avenir radieux.

Nul ne peut s’épanouir dans la solitude. Il faut que les gouvernements africains nouent considérablement des relations solides et durables avec d’autres pays surtout les pays développés. Il ne s’agit pas d’une relation d’asservissement comme celle qui a existé jusqu’à nos jours, les Africains doivent regagner leur souveraineté et montrer aux autres peuples que nous sommes égaux afin d’établir des relations qui reposent sur des bases d’égalité.

Toutefois, la solution n’est pas qu’au niveau des dirigeants politiques. Elle réside en la capacité de chacun des citoyens à se rendre prêt pour suivre les différentes réformes des États dans ce sens. Elle réside en la capacité de cette génération et de celles futures à se sacrifier pour une meilleure version de l’Afrique. La capacité des Africains de la diaspora partis pour acquérir des compétences à revenir au pays natal pour exploiter ces compétences. Il faudrait que chaque Africain sache que l’exode rural et les migrations ne sont pas la réponse idéale pour redonner à l’Afrique cette clarté, ce renom dont elle a réellement besoin.

Somme toute, il est clair à travers les différentes difficultés que rencontrent les pays Africains et tous les autres pays du Tiers-Monde est un défi qui doit être relevé à travers de grandes résolutions pour une Afrique radieuse. Naître Africain est alors un défi autant qu’un sacrifice !

Janvier FANOUDAN

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