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Le défi de naître Africain : sauvegarder et construire une Afrique assaillie

L’interminable liste de nos situations inconfortables nous a fait croire ou nous fait croire encore qu’être Africain n’est qu’un sacrifice. Et bien entendu‚ il ne s’agit pas d’un sacrifice salutaire comme celui d’un certain Jésus par exemple‚ mais plutôt d’un sacrifice typiquement à connotation pénible et triste sans la certitude d’une récompense. Les raisons d’une telle désolation sont nombreuses. Mais à présent‚ l’heure n’est plus à ressasser nos infortunes qui n’émeuvent plus personne et nous ridiculisent même parfois. Nous devons arrêter de présenter le visage de l’agneau innocent immolé sur l’autel de la méchanceté humaine. Si nous espérons vivre heureux et bénéficier de quelque égard‚ il nous faut cravacher. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent en effet. Et si nous tardons encore à aller au front‚ on parlera peut-être d’une autre « Afrique » puisque notre Afrique telle que nous l’aimons avec sa dignité et sa richesse culturelle ne serait plus.

En réalité‚ des puissances nuisibles se sont engagées pour la dénaturer et la dépraver même s’il s’agit de problèmes impliquant toute l’humanité. Cette horde d’ennuis qui assaille l’Afrique réside dans le règne d’une « Nouvelle éthique mondiale » dont très peu en vérité ont conscience‚ tellement cet adversaire est fin. C’est un problème principal qui‚ depuis quelques décennies‚ nous distraient et nous freinent dans notre essor.

Les méfaits de la colonisation conjugués à la visée de cette nouvelle éthique qui est de démolir l’ancien ordre pour bâtir un nouvel ordre mondial‚ accentuent plus la déculturation de l’Afrique. Le continent perd peu à peu tout repère « culturo-identitaire » et moral. Alors que nous réfléchissons à améliorer nos conditions de vie‚ ce système impose des inspirations peu constructives telles que la légalisation de l’avortement‚ de modes de famille contre nature comme le lesbianisme‚ l’homosexualité‚ l’union libre ou plus grave encore la zoophilie sans oublier la promotion du transgenre et tout le bataclan. On exhibe sans pudeur à nos sens et à notre entendement des obscénités incitant toujours davantage à la dépravation sexuelle et au rejet de toute moralité. On parle sans cesse d’éducation à la santé sexuelle et ce‚ à grand renfort médiatique et grâce à Internet comme si c’était là la vraie clef de notre développement. C’est acquis que la sexualité a été longtemps un tabou en Afrique. Et nous condescendons aujourd’hui qu’il faut nécessairement desserrer le lien sur la question. Mais à vrai dire‚ c’est une campagne de distraction qui ne nous conseille pas à proprement parler d’orienter notre puissance sexuelle‚ la plus grande des énergies humaines‚ vers des causes plus nobles et plus grandioses.

Cette éducation à la santé sexuelle ne conduit pas plus à l’observance de l’abstinence qu’à la réduction des cas de grossesses anarchiques à travers la distribution de préservatifs et à la promotion d’avortement sans risque. Certes nous ne sommes pas des ecclésiastiques‚ mais nous pouvons ménager notre énergie sexuelle pour nous édifier et en jouir pleinement en son temps. Pour illustration‚ plusieurs rapports certifient que plus de 40% des Japonais  (le Japon étant la 3ème puissance mondiale) ne vont pas au sexe avant l’âge de 34 ans malgré le fort envahissement du pays par des obscénités. C’est donc possible !

Juste à côté  de ce fléau social soutenu par les promoteurs de la nouvelle éthique mondiale‚ s’aligne aussi un autre phénomène de la société souvent cousin au premier : la délinquance juvénile. Elle se manifeste par des vols et des braquages intermittents‚ le viol‚ la cybercriminalité et tutti quanti. Il s’agit d’un gros écueil qui dessert dangereusement l’Afrique et les pays du tiers-monde. Pendant qu’un pays a besoin de ses plus hardis combattants pour accomplir l’œuvre du développement‚ ils s’en trouvent qui œuvrent pour la déconstruction. Un vrai effet de cheval de Troie ! Cette situation a une double conséquence de fait : non seulement elle cause une pénurie de mains d’œuvre pour le développement‚ mais elle engendre également une insécurité au sein d’une population vivant déjà une situation précaire. Dommage que ce soit la jeune couche qui soit enchaînée par ces faits déplorables.

Face à toutes ces situations impliquant primordialement la jeunesse‚ l’unique panacée demeure l’Education. Et dans ce sens‚ la famille domestique a une mission de vie qui parfois est délaissée pour peu que les enfants aient été inscrits à l’école. L’école instruit mais c’est la famille qui éduque. Afin qu’elle réussisse convenablement cette délicate mission qui lui est incombée‚ une relation de confiance mutuelle et un climat de bonne entente doivent être instaurés entre parents et enfants. Les jeunes entretenant des relations conflictuelles avec leur parent ne manquent pas de nos jours. C’est la désagrégation de ces types de relation qui rompt le lien entre parents et enfants allant jusqu’au au rejet ou au départ des progénitures du domicile familial. Désormais le jeune livré à lui-même‚ bonjour les fléaux sociaux et bienvenus les dégâts ! Avec tous les problèmes que nous avons sous les bras‚ nous ne pouvons permettre que le conflit générationnel continue de nous décimer.

Les parents doivent comprendre qu’à cette ère de la mondialisation où l’Afrique a un double défi de préserver son unicité et de se construire‚ la part des jeunes dans cette lutte est très primordiale. Leur rôle ne doit plus d’être des cerbères. Même si ces jeunes se montrent intraitables et très dépravés‚ ils ne doivent pas renoncer et se dire que si ça devrait pourrir‚ ils pourriront avec. Ils doivent organiser au moins une réunion de famille par semaine pour un bilan hebdomadaire où chacun présente ses activités‚ ses succès et échecs ainsi que des mesures d’amélioration. A travers ses rencontres‚ ils discuteront aussi selon la maturité des enfants‚ des questions liées à l’existence comme les relations amicales‚ la spiritualité‚ la sexualité‚ la culture traditionnelle‚ les projets professionnels‚ les plans de développement socio-économique de leur pays etc. C’est par ses discussions que les enfants et les jeunes seront encore armés contre les visions déshumanisantes de la nouvelle éthique mondiale et parés pour le défi de la sauvegarde et de la construction de notre Afrique tourmentée.

Oui‚ la puissance de l’Afrique réside en fait là : l’énergie et la fougue de la jeunesse combinées à la sagesse des aînés. Les parents doivent rechercher alors le juste milieu entre l’implacable rigorisme et le laxisme excessif : faire des compromis sans se compromettre‚ être fermes mais tolérants aussi quand il le faut. Misons sur une éducation de valeur à la base‚ car « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »‚ Nelson Mandela !

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